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Dédicace pour Radio-France

Un roman jeunesse

en prise sur la vie intime

Combien d'enfants ou d'adolescents sont tiraillés entre leurs parents séparés, divorcés, en guerre intime ? Combien d'hommes ou de femmes se cachent à l'autre bout du monde de leur ancien conjoint, refusant un droit de visite minimum pour l'enfant devenant l'otage de ces conflits d'adultes où l'histoire individuelle de l'enfant, la connaissance de l'autre parent, le droit à l'affection, sont unilatéralement spoliés ?

Natacha ne connait que sa mère jusqu'au jour où son père la retrouve, via les services d'Interpol. Hélas, la Justice peut se contredire et donner à la mère abusive, condamnée pour enlèvement d'enfant sans violence, l'officiel Droit de Garde que le père avait obtenu lors de leur divorce.

Alors, en pleine pré-adolescence, la gamine découvre un père, des grands-parents, une famille, qu'on lui avait volontairement dissimulée pendant près de dix ans ! Mais la valse des voyages recommence et dans l'avion qui l'emmène ailleurs, la fillette se questionne.

Ses récentes découvertes la perturbent et elle interroge sans cesse le pourquoi et le sens des privations dont elle a été victime.

En écrivant ce court roman, construit à la première personne du singulier dans la tête de l'enfant trimballé, j'ai simplement souhaité porter témoignage, interroger tous ceux qui jouent la grande geste de la fuite égoïste sans se poser un seul instant la question de la nature impérialiste de leurs agissements.

Et, au gré des pages, comme en écho, les lettres du père à sa fille qui ne les lira jamais, faute d'adresse, tentent de rééquilibrer la réalité d'une aventure douloureuse.

Si La mère, la Dicteuse de Lois, impose ses choix et ses points-de-vues, Natacha n'en finit pas de retracer ce parcours sensible, au fil des souvenirs, des paroles enregistrées de Salima, une soeur contraire, croisée quelques semaines dans une école française.

J'ai voulu ce texte sensible, court, elliptique. Et par-delà l'aventure romanesque, seules les propos de la fillette éclairent des histoires de vie peu abordées.

 

Alain Bellet