J'ai lu votre livre :
 
C'est un très beau texte, tendu sur le fil de la lame d'un rasoir, entre deux nécessités aussi herculéennes l'une que l'autre et qui s'opposent : la nécessité de dire et la nécessité de ménager la douleur. Il fallait réussir à respirer, parler et vivre sans réveiller les monstres.
J'aime le rôle donné au narrateur " l'homme ", celui qui tient le fil, qui l'empêche de casser, ou de faire des noeuds, qui ralentit le rouet, fait une pause, ou repart autrement.
J'aime beaucoup les jeux sur les pronoms pour parler du père et de la mère, les " tu " , les " il " et les " elle ", et surtout les " vous " qui manifestent la part inconnue de nos plus proches, et le respect à avoir pour la part secrète intime de chaque être humain. Le passage qui me retient le plus, celui qui est pour moi le c¦ur qui bat du texte, c'est celui qui narre les " heures éternelles " de Jeanne entre l'assassinat et le suicide, quelques lignes denses comme des centaines de pages. Un texte jamais plainte, ni colère.. un texte humain, au sens noble du terme. A priori, j'étais un peu agacée de " devoir " lire après un appendice : " suivi de " ; je ne voyais pas comment un autre texte pouvait venir apporter quelque chose de plus à ce texte-là. Et puis, si ! (En fait, c'est le titre qui m'a fait craindre) .C'est une voix en sourdine du premier texte qui vient se faire entendre, se faire connaître. Bravo pour le tour de force qu'est ce livre.
 
Monique Leroux Serres15/06/08
 
 

JEANNE & ANDRÉ

Un couple en Guerre
ÉDITIONS DE L'OEIL D'OR,
Réédition en 2004
 
Paru aux Éditions de la Barbacane en 1991
Nuits Magnétiques, France Culture, octobre 1992
 
 
ÉDITIONS DE L'OEIL D'OR
Collection Mémoires & Miroirs
97 rue de Belleville - 75019 Paris
Prix public : 12 Euros
 
Commandes et contacts
<jeanluc.a.dasciano@online.fr>
Le catalogue de l'éditeur
 
 

Certains textes sont indécidables, se construisant autour d'un événement incandescent, inacceptable aussi : en mai 1971, Jeanne tue André avant de se donner la mort.
Ce livre est dédié aux manquants - il s'agit de dire ce qui fut effroyable et, dans un même mouvement, d'autoriser les acteurs de ce drame à vivre autrement qu'en ces derniers instants.
À faire en sorte qu'ils ne soient plus ce fait divers mais bien des êtres humains, un homme et une femme, un père et une mère ayant laissé une trace dans le monde, ayant accompli toute une vie possédant une valeur profonde.
Comment être les enfants de ces deux-là sans être uniquement orphelins, comment revendiquer cette ascendance ? Jeanne et André - un couple en guerre, est un récit qui s'offre comme une réconciliation, qui affirme une ferveur, qui avoue une tendresse. Il est l'infinie volonté d'incarner la voix des morts et des vivants enfin retrouvés au nom d'un même amour.
Jean-Luc André D'Asciano, Les éditions de L'Oeil d'Or

RÉACTION :
" Texte admirable, il est à la fois classique dans son inspiration et moderne pour son écriture. Une tragédie racontée au rythme d'auj'ourd'hui. " Gilles Perrault
PRESSE :
En phrases courtes comme les notes arrachées à un carnet gardé trop longtemps secret, un homme seul raconte un couple. C'est une loi du théâtre, le masque, en libérant le comédien, révèle son visage. Musique grave aux scansions retenue de basse continue. Ce récit se lit d'une traite. D'une seule expiration.

Dominique Lemaire, Hebdomadaire Politis

 
Extraits de la Préface
PAROLES POUR UNE DOUBLE MORT ANNONCÉE
par Max Pons, éditeur de la première édition
 
« Ceci n'est pas une nouvelle, pas davantage un roman court. Le récit que nous donne Alain Bellet est une sorte de poème haletant où reviennent sans fin les litanies d'un passé non aboli, afin d'exorciser un fait divers douloureux, poignant, lancinant.
Mais peut-on apaiser cette douleur faite chair, panser cette vieille meurtrissure? Une lutte s'engage entre le narrateur et l'homme de chair et d'os.
Le narrateur (l'homme) écrit, décrit un événement qu'il n'a pas vécu, Lui aussi est à la recherche d'un passé révolu dont la brûlure persiste.
Le temps de l'écriture, il emploie une langue parlée, souvent théâtrale (un metteur en scène sera tôt ou tard séduit par ce texte) où les tournures langagières de notre quotidien s'imposent. Langue éclaboussante de spontanéité, tenant à la fois du journal intime et du journalisme.
Répétitions, scansions phoniques harcelée la mémoire et parfois l'inconscient. L'auteur manifeste une diversité verbale qui nous installe dans les remous de la vie courante.
Cette agilité de parole, pour qui connaît Alain Bellet, n'étonne guère. Il l'a manifeste constamment et ses familiers retrouveront ici son phrasé qu'il ponctuepar d'incessants mégots agités au rythme d'essuie-glaces. Gestes d'un homme tendu, nerveux, ardent que tempère parfois un arrière-fond de tendresse.
C'est ainsi qu'il m'apparut, un jour d'été, à Bonaguil (château des mots et des rencontres) où les vies peuvent basculer et s'accorder à d'autres vies cheminant vers l'apprivoisante amitié.
 
L'homme interroge. Praticien du c¦ur, il se veut chroniqueur d'une double mort annoncée. Il intervient dans le texte avec une voix off qui nous rappelle le langage cinématographique. Cela donne un beau récit, sous-tendu par une indéfinissable et incessante interrogation,
Récit d'une certitude habitée par le doute.
Sans tomber dans un misérabilisme outrancier, il nous donne à voir toute l'humilité du petit peuple. La condition ouvrière d'avant-guerre s'y révèle en filigrane. C'est aussi le milieu de ses protagonistes et peut-être le troisième personnage d'un récit qui témoigne des malheurs du temps et de la vie quotidienne des petites gens qui se situe à des années-lumières d'aujourd'hui. »
 
 
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