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Accrochés à l'espoir que ce mauvais rêve va enfin s'achever, Accrochés à l'espérance d'un monde, où le respect du travail, Celui des vies offertes aux machines existerait enfin ; Attachés à la volonté de poursuivre leur tâche, malgré, malgré, celle des actionnaires Attachés à cette reconnaissance humaine et sociale qu'on leur bafoue Ces femmes et ces hommes, meurtris de plomb, farcis de zing, Ces métallos désespérés revendiquent juste le droit d'être, Celui de ne pas dépendre de décisions venues d'ailleurs, De décisions iniques, niant leur vie, leur implication, leur labeur, Accrochés à l'idée de justice, ils appellent à l'aide avec des voix démesurées, Avec des c¦urs prêts à se fendre, Des regards qui ne sauraient oublier Oublier cette Métallurgie monstre, qui, des années durant, les a façonnés. Accrochés à cette exigence de solidarité, ils vont et viennent, Se cherchent des amis, des soutiens, des porte-voix Métaleurop, c'est un morceau de vie qu'on veut leur ôter Métaleurop, ce sont leurs droits que l'on veut piétiner Métaleurop, c'est comme le symbole d'un avenir nié Ils crient, se battent, revendiquent, Enracinés dans la cruauté d'un réel qui jette à la casse ceux qu'il a usés Alors, que vienne le temps où le respect du travail sera un réflexe Le temps où les travailleurs seront enfin respectés Juste le temps du droit, celui de l'équité Et sur cette terre bousculée, Ce Bassin Minier longtemps exploité, Matraqué, usé, liquidé, Ces femmes et ces hommes demandent simplement d'exister Vivre, simplement vivre et travailler.
ALAIN BELLET
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