LA BELLE AU BOIS DES FORGES
FENÊTRES OUVERTES SUR LA MÉMOIRE D 'OZOIR-LA-FERRIÈRE
L'histoire d'un bourg de la plaine de Brie devenu une ville au gré du cheminement de l'Histoire...
 
 
Textes Alain BELLET
Photographies Patricia BAUD
 

Invitez-vous au voyage de l'histoire sur les chemins des mémoires
La naissance du village bien avant l 'An mil
 
Des bois denses peu fréquentés par les hommes couvrent encore l 'ensemble de la région parisienne au début de la période médiévale. Le territoire qui deviendra la France, au fil des siècles, est une immense forêt, éclaircie de part en part par de timides mises en culture sédentaire.La féodalité des seigneurs commence à s 'organiser et la plupart des terres encore peu exploitées appartiennent, pour l 'essentiel, aux grandes institutions religieuses nées de l 'évangélisation et de la francisation de l 'ancien empire gallo-romain. Dirigés par de sévères abbés appartenant aux plus grandes familles du royaume,les moines séculiers assument la mise en culture,l 'assainissement,le défrichage des bois trop denses.Sur tout le territoire d 'un domaine royal minuscule, restreint à l 'Île-de-France d 'aujourd 'hui, les grands ordres abbatiaux règnent sans partage. Dans la plaine de Brie, dite boisée, un petit peuple de bûcherons ayant échappé au servage des hobereaux locaux survit comme il peut et com-mence à exploiter de nombreuses ferrières : voraces en bois pour chauffer et transformer le métal, ces forges de fer s 'installent près du combustible. Elles fournissent la matière première nécessaire au développement artisanal balbutiant, à l 'équipement militaire et aux ustensiles urbains du début du Moyen âge.
Sur près de trois mille hectares, le nom de l 'actuelle forêt de Ferrière est un souvenir vivant de ces forges de fer et des hommes qui y travaillaient rudement. Appréciaient-ils la même faune qu 'aujourd 'hui ? Cerfs, chevreuils et sangliers y vivent encore. Hélas, les domestiques et les hommes astreints aux dures lois du servage, qui survivaient essentiellement de soupes rudimentaires, n 'avaient pas le droit de chasse et risquaient d 'être pendus s 'ils ne respectaient pas leur place. Se méfiaient-ils en revanche des ravages des renards ? Connaissaient-ils le chant des nombreux oiseaux volant d 'un chêne rouvre à un autre ? À Paris, Charles le Chauve (840-877) fait installer des moulins en bord de Seine pour moudre le blé et construit les premiers ponts en bois reliant la rive droite à l 'Île de la Cité.
L 'abbaye de Saint-Germain le Doré, reconstruite et appelée Saint-Germain-des-Prés après les grandes invasions normandes et le siège de Paris, puis celle de Saint-Maur, deviennent propriétaires de vastes étendues sylvestres couvrant le terri-toire actuel de la commune. Une première chapelle est construite pour les prières dominicales des hommes de la forêt, et cet oratoire dédié à Saint-Pierre marque l 'acte denaissance d 'un village.
 
 
© Ville d 'Ozoir-la-Ferrière
© Patricia Baud & Alain Bellet - Juin 2007
© ACTIVE, ssociation culturelle pour le texte et l 'image vivante
http://active.asso.free.fr/
 
Prix : 20 Euros
Diffusion, Ville d'Ozoir-la-Ferrière