Réactions au 11 septembre

Tout doit être cassé autour. Tout va mourir ? Tout va-t-il finir ? S'arrêter ? Aussi bien les larmes, l'amour, la mort ? Le sentiment ? On ne sait plus. C'est un mauvais jour. Serait-ce cela ? Seulement ça, un mauvais jour ? On ne sait plus rien de façon claire. On a 100 ans tout à coup. On pleure. On voudrait pleurer davantage, et puis non c'est trop, mais personne ne le dit.Les cris des femmes, ceux des enfants ? Ca continuerait donc ? Oui, ça continue. On est en vie. Comme la guerre. Lire ça : qu'on est en vie. Ce serait un mauvais jour ? On essaie de détecter une connaissance délavée.

Texte de Marguerite Duras, proposé par Michèle Sales, 12/9/2001, au matin,

 


Je ne me réjouis de rien. J'ai peur du scénario catastrophe. Mais je dis aussi que la sensibilité sélective ne m'émeut pas. Enfants irakiens : affamés, par nous. Enfants palestiniens : ghettoisés, par nous. Et nous voudrions quoi ? Qu'ils meurent en silence, en nous laissant le monde ? Il y a déjà longtemps que la guerre est déclarée. Par nous. Nous sommes tous des soldats, depuis longtemps. Dérisoire de jouer aujourd'hui les vierges effarouchées.

 

Thierry Lenain, Écrivain pour la Jeunesse, 14/9/2001


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