Texte Alain Bellet

Collection : Beau Livre - De Borée Editeur - 26 Euros

Le Paris de Papa c’est une plongée au coeur des grandes avenues et des parcs de la capitale. Grâce à la riche iconographie que rassemble cet ouvrage, retrouvez les rues d’antan, les bougnats qui livraient encore le charbon dans les appartements, ou encore les petits commerçants tels que les épiciers de quartiers. Découvrez également tout ce qui fait le charme unique de Paris : son métro, ses bateaux-mouches, ses bistrots et cafés qui fleurissent sur les trottoirs, l’extraordinaire rayonnement culturel de la ville avec ses musées, ses monuments classés, ses cinémas et ses salles de concert. Et puis, c'était eaussi Paris-prolétaire chanté par Montand, et ses usines encore fumantes en ville...

Extrait

"A la Bastille, on s'affaire pour se rendre au turbin et les écoliers en culottes courtes ne sont pas en reste. Leurs galoches résonnent sur les pavés disjoints du passage du Chantier dans le Faubourg Saint-Antoine et déjà les cris enfantins s'emparent des cours des écoles élémentaires peuplées de quelques platanes et des préaux en béton vulgaire. Paris se rend au travail. Paris s'agite comme chaque matin sur les boulevards, une chanson du bel Italien surnommé Yves Montand accrochée aux lèvres. Il a chanté dans le poste de radio, ce matin, après l'éditorial de Geneviève Tabouis égrainant d'une voix inimitable son rituel " Attendez-vous à savoir !" Le Paris des casquettes et celui des chapeaux de feutre se croise volontiers sans agressivité apparente. La bonhommie est de saison, et les oreilles bien dégagées, les jeunes ouvriers de la ville sont encore majoritaires dans la grande cité. Les femmes portent toujours des bibis de fortune que la mode des chignons reléguera bientôt dans les armoires. Les jupes des dames aux multiples plis alignés couvrent pudiquement leurs genoux et le bas nylon s'apprête à déferler sur les mimi-pinsons de l'après-guerre. Il y a encore ceux qui croient en Dieu et ceux qui n'y croient plus et certains se sont longuement côtoyés dans la Résistance… Après avoir fêté sa libération, Paris s'agite de nouveau avec une naïveté adolescente. Revivre, reconstruire, produire plus, clame Maurice Thorez, le secrétaire général du Parti Communiste Français en galvanisant ses troupes et les jeunes des groupes de Vaillants, arborant leurs foulards rouge, au Vélodrome d'Hiver. Paris popu côtoie Paris guindé, et l'argent facilement gagné ne dégouline pas encore le long des avenues".

AB